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Leveur de maux, le cadre du soin
(extrait de "Guérir l'âme et le corps" de Dominique Camus)

 
 

Si tout un chacun peut espérer voir mettre fin à ses souffrances en s’en remettant aux bons soins d’un de ces guérisseurs, le succès de la cure suppose le respect de certaines règles.

En premier lieu, il ne faut pas douter de l’issue de l’entreprise. Comme la plupart de ses homologues, Pierre Couteux en fait un préalable à la consultation : " Si une personne vient pour se faire soigner et qu’elle s’en fout, il y a de grandes chances pour que ça ne marche pas. Alors après on a bonne mine ! Moi, les j’m’en foutistes je ne les soigne pas. Il y en a qui viennent en rigolant, sans y croire, ni rien. Et bien, je n’y fais rien. " En exprimant cette nécessité, les leveurs de maux ne demandent aucunement à leurs patients de croire en eux personnellement. Ils doivent simplement avoir confiance dans l’efficacité du rituel.

L’abstinence alimentaire est parfois l’une des clauses de la cure, notamment lorsqu’elle porte sur les verrues et les dermatoses " humides ". Ne pas nourrir le mal, l’attaquer lorsqu’il est affaibli par le manque de nourriture, est la base de cette règle, que suivent aussi les intervenants. Ils sont ainsi assainis par le jeûne. Là encore ils n’entendent pas que leurs consultants se dérobent à cette exigence. Madame Paumelin affirme : " Écoutez, moi je me prive de déjeuner, il n’y a pas de raison que la personne fasse pas de même. C’est pas sérieux. Ceux qui veulent pas respecter les règles ils ont qu’à aller voir ailleurs. C’est ce que je leur dis. "

Lorsqu’il s’agit d’intervenir sur les brûlures, le zona, les dartres, voire les entorses, l’emploi d’une pommade est proscrit. Rien ne doit faire écran entre le " pouvoir " du guérisseur et le mal. Celui-ci doit, en quelque sorte, être " vierge ". Madame Durant conseille : " Lorsque quelqu’un se brûle, il se forme une cloque d’eau. Moi je le panse et dans la minute qui suit, hop, la cloque se met à suppurer et l’eau s’en va. C’est terminé. Au bout d’une journée, on ne voit plus de cicatrice, rien du tout. Le problème c’est que souvent quelqu’un qui se brûle met de la pommade dessus ou va voir un docteur et c’est le lendemain ou le surlendemain qu’il apprend qu’on pouvait le panser. Dans ce cas, ça donne plus de mal et la réaction du malade n’est pas pareille. La brûlure ne part pas si vite et ça se cicatrise pas si bien. Il reste toujours une marque. Là le pansement n’est pas si efficace. Il faudrait que le brûlé ne mette absolument rien dessus et vienne tout de suite. "

Le guérisseur délimite la zone du corps où il va opérer. Il utilise l’index de la main droite, le doigt qui accuse, ou parfois le pouce, que certains considèrent comme " le doigt le plus fort ". Il sépare les parties saines de celles qui sont affectées par le tracé d’un cercle, généralement effectué dans le sens de la révolution solaire. Il empêche ainsi le mal de s’étendre, le prenant au piège. Il ne lui reste alors plus qu’à le détruire en faisant usage de l’arme de la conjuration par excellence : la croix. Si ces personnes utilisent ce signe lié au religieux, c’est faute de mieux. Leurs facultés ne résultent pas de l’acquisition d’un savoir. C’est, comme le dit Joël Joubert, " sur le tas " qu’ils ont appris à les mettre en œuvre.

L’officiant utilise souvent sa salive, substance qui symbolise l’énergie vitale du soignant. Ce geste exprime une volonté forte de vaincre l’adversité. Ainsi est-ce le cas pour combattre par l’humide un excès de chaleur provenant d’un zona, de brûlures ou d’une envenimation. Les patients déclarent alors éprouver une sensation de fraîcheur, comme si déjà le venin perd de sa virulence ou le feu s’apaise. A l’inverse, ceux dont les verrues ou les furoncles en sont humectés en ressentent immédiatement les effets corrosifs. La plupart la compare à de l’acide. Sous l’effet de sa causticité les furoncles éclatent et les verrues se dessèchent.

Le souffle, qui représente la puissance interne de l’officiant, peut être mis à contribution, notamment pour annihiler l’ardeur d’une brûlure ou d’une inflammation musculaire. Sous le souffle " froid " de messieurs Rouvel et Legalais, les entorses, foulures et autres luxations " disparaissent comme par enchantement ", " les nerfs rentrent dans leur tracé ".

Quand ces guérisseurs n’agissent pas directement sur le corps de leurs consultants, ils utilisent des matériaux sur lesquels la maladie est transférée et dont ils se débarrassent ensuite. Ils partent du principe que toute chose qui touche une personne s’imprègne de ses propriétés et donc de ses maux. Toute action à l’encontre de cet objet, qui constitue dès lors un substitut de l’individu, se répercute sur lui. Le choix de l’objet de substitution s’effectue en fonction de son analogie avec les caractéristiques présentées par l’altération organique. Pour traiter les fièvres, madame Guilever demande de lui faire parvenir un foulard rouge que le sujet aura apposé sur son front et de lui indiquer son nom et son prénom. Après avoir trituré quelques instants le tissu, le temps qu’il s’imprègne de " sa force ", elle le soumet à l’action lénifiante du vent en l’accrochant à un branchage. Dans le même registre, d’autres enterrent au pied d’un tremble une mèche de cheveux du souffrant ou un linge imbibé de sa sueur. Le tremble, qui n’est autre que le peuplier, est choisi par analogie de nom évoquant les tremblements du fiévreux.

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Dominique Camus, ethnologue et sociologue, est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont " Pouvoirs sorciers ", " Paroles magiques, secrets de guérison ", " Jeteurs de sorts et désenvoûteurs " (Imago).


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Mise-à-jour le 31/04/2005