Le guérisseur dit à la famille : " Si vous ny
croyez pas, je ne peux rien faire. Pour que je puisse l'arrêter,
il faut absolument que tout le monde ici y croie. "
(Michelet, id., p. 54). Il a compris, intuitivement,
le processus. " Adhérer au discours des victimes nest
pas simplement une tactique destinée à rassurer. [... Cest]
la condition sine qua non de l'action [des guérisseurs]. "
(id., p. 42).
Lobservateur fait partie intégrante du processus. Sil
saffole, il encourage le processus. Sil intervient
sans crainte, imposant son calme, il lamenuise et le fait
disparaître. Son efficacité tient à son propre vécu, plus quà
une conviction dordre psychologique : il dit souvent
posséder un " secret venu des ancêtres ".
Cest, pour lui une manière dentrer dans le
processus : utilisant les mêmes références que les victimes,
il crée alors avec elles une symbiose, moteur fondamental du retour
au calme. A contrario, lobservateur scientifique
est mal placé : sa nécessaire froideur, glaçant les protagonistes,
stoppera le processus avant quil arrive, à moins quil
participe, à son insu, à son entretien. Le religieux doit croire
au Diable sil veut agir, il ne doit pas se parer des plumes
du psychanalyste. Trop lont oublié.